Fantasy

Mardi 3 juillet 2007

Les contes et les légendes christianisés diabolisent tout ce que la Création porte d'êtres surnaturels, alors que ceux-ci, qui réagissent en fonction de notre comportement, ont pour mission de faire régner l'ordre ici-bas. "Les nuits appartiennent aux fées" dit-on en Irlande. En Bretagne, on dit qu'elles appartiennent aux morts. Que chacun respecte l'espace temporel qui lui est imparti donc, et tout le monde s'en portera bien. Quoique noire et émissaire de l'Au-Delà, cette chatte surnaturelle sait se montrer bienveillante et reconnaissante.

Une nuit, alors qu'une vieille femme continuait de filer fort tardivement, elle entendit toquer à sa porte.

- Qui est là ? demanda-t-elle.

Aucune réponse, mais on frappa de nouveau.

- Qui est là ? demanda-t-elle une seconde fois.

Toujours pas de réponse, mais on toqua une troisième fois.

- Qui est là ? s'écria-t-elle sur un ton furieux.

- Ah, Judy, répondit une petite voix, laisse-moi entrer car j'ai froid et faim ; ouvre la porte,  Judy, et laisse-moi m'asseoir près du feu car la nuit est glacée. Je t'en prie, Judy, laisse-moi entrer !

Le coeur de Judy fut ému car elle pensa que c'était quelque petit enfant égaré ; elle laissa son ouvrage, se leva et ouvrit la porte : une grande chatte noire à gorge blanche entra, suivie de deux chatons blancs.

Ils s'installèrent près de la cheminée et se mirent à se réchauffer et à se sécher tout en ronronnant très fort ; mais Judy se remit à filer sans dire un seul mot.

La chatte noire prit finalement la parole :

- Judy, ne recommence pas à veiller si tard ; les êtres féeriques voulaient se réunirent ici ce soir et souper ensemble ; tu les en as empêchés et ils étaient si furieux qu'ils voulaient te tuer. Sans mon intervention et celle de mes filles, tu serais morte à l'heure qu'il est. Suis mon conseil et respecte désormais les heures féeriques ; les nuits appartiennent aux fées et elles détestent être dérangées par les humains pendant leurs réjouissances ou leurs travaux. Je me suis dépêchée de te prévenir, et maintenant, donne-moi un bol de lait car je dois repartir.

Après avoir bu, la chatte appela ses filles et dit :

- Bonne nuit, Judy, tu m'as très bien acceuillie et je ne l'oublierai pas.

Puis la chatte noire et les deux chatons disparurent par la cheminée et, en regardant par terre, Judy vit quelque chose briller dans le foyer ; elle le ramassa, et c'était une pièce d'argent ; elle qui n'aurait jamais pu gagner autant en filant un mois durant, s'en réjouit grandement. Jamais plus elle ne veilla pendant les heures féeriques et la chatte et ses filles ne revinrent plus jamais chez elle.

Dragons, licornes et autres chimères.

Par Brinette
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Jeudi 7 juin 2007

 

Quel petit n'a entendu les mirifiques histoires de la chasse au dahut, cet extraordinaire animal que beaucoup auraient vu mais que personne n'a jamais attrapé ? On dit qu'il a les pattes de droite plus longues que celles de gauche, ce qui lui permet de courir plus aisément le long des pentes. Peu importe au fond qu'il existe ou non, l'important est qu'à chaque génération il serve de prétexte à de palpitantes et réjouissantes quêtes initiatiques.

Extrait de Dragons, Licornes et autres chimères

de D. Besançon et S. Ferdinand

 

 

Lire ce texte m'a rappelé l'époque où je faisais des colos et des mini camps. Et plus particulièrement ces fameuses chasses au dahut qui m'ont toujours amuser. J'en ai fais plein, que ce soit en tant qu'apprentie chasseuse de bêtes miraculeuses qu'en tant qu'instigatrice de ce subterfuge. Une fois, j'étais tellement dans le jeu que j'ai vraiment cru voir le dahut. Bon par la suite il s'est avéré qu'il s'agissait d'un cheval qui s'était échappé, mais c'est fou comme pour moi et pour d'autres, il ressemblait à tout, sauf à un cheval !^^

Ah le pouvoir de l'imaginaire... C'est quand même fantastique ! Tout ce que j'espère, c'est que cette tradition ne se perdra pas !

Mais à propos, connaissez-vous tous le dahut ?

Bon, pour les néophites, voici un petit récapitulatif. Tout d'abord, il faut savoir qu'il y a deux sortes de dahut : celui des plaines et celui des montagnes.

- Le premier, celui des plaines donc, pourrait ressembler à un gros lièvre. Pour l'attraper : une seule solution. Il faut trouver son terrier et imiter le cri de la carotte... jusqu'à ce qu'il sorte. Allez, un petit essai pour le fun ? ^^

- Le dahut de montagne est le plus connu et le plus rare aussi. De la taille d'un chevreuil, on le reconnait grâce à la singularité de ses pattes dont celles de gauche sont plus courtes que celles de droite. Si cette particularité lui permet d'être plus à l'aise que les autres animaux lorsqu'il court à flanc de montagne, elle est également un sérieux handicap puisqu'il ne peut courir que dans un sens seulement. D'où la solution un peu simpliste mais ô combien pratique qui a été trouvée pour le chasser. C'est bien simple, lorsque vous croisez un dahut, vous devez essayer de vous placer derrière lui et vous lui faites peur en criant "DAHUT". La bête affolée se retourne... et dégringole la montagne.

Emballé, c'est pesé : le tour est joué !  :p

 

Petit jeu pour finir : Une erreur s'est glissée dans cet article, la trouverez-vous ?

Par Brinette
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Samedi 26 mai 2007

Voici un texte de Mélanie Fazi, qui est une jeune romancière dont j'avoue ne pas connaître d'autres textes. Cependant, j'ai trouvé celui-là très beau. J'en regretterai presque de ne pas être née dragon...

 

Qu'ils attendent leur tour, ceux qui m'ont limé griffes et dents. Ils paieront pour les harnais, les brimades, les sortilèges mesquins. Pour le feu qu'ils m'ont forcé à ravaler. Elles brûlent encore dans mon ventre, les flammes scellées par leurs formules : je les sens qui me poussent de l'avant quand je m'élance d'une falaise pour plonger dans le vide.

 

Ils m'ont au moins laissé ça. Le vertige du vent qui glisse sur mes écailles, quand j'englobe le monde d'un battement d'ailes. La délivrance du feu qui peut enfin se répandre en moi, les flammes jamais crachées, jamais taries. Me savoir enfin à ma place, quand bien même je transporte mes bourreaux sur mon dos.

 

On ne brise pas facilement un dragon. On le contient, tout juste. A chaque sortilège sa faille : je trouverai celle de mes entraves. Qu'ils attendent donc le jour où je leur ferai goûter aux flammes. Je saurai leur faire payer toutes ces années perdues.

Par Brinette
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Pensée du jour

LE BROCHET

Immobile à l'ombre d'un saule, c'est le poignard dissimulé au flanc du vieux bandit.

LE VER LUISANT

Cette goutte de lune dans l'herbe !

LE SERPENT

La dix-millionième partie du quart du méridien terrestre.

LE CHAT

On lui dit : "Prends les souris et laisse les oiseaux !"

C'est bien subtil, et le chat le plus fin quelque fois se trompe.

Quel jour

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